Coordination/Centralization
[1835] Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique, vol. I, Flammarion, Paris, 1981
- "Je
pense ... que lorsque l'administration centrale prétend remplacer
complètement le concours libre des premiers intéressés,
elle se trompe ou veut vous tromper.
Un pouvoir central,
quelque éclairé, quelque savant qu'on l'imagine, ne peut
embrasser à lui seul tous les détails de la vie d'un grand
peuple. II ne le peut, parce qu'un pareil travail excède les forces
humaines. Lorsqu'il veut, par ses seuls soins, créer et faire fonctionner
tant de ressorts divers, il se contente d'un résultat fort incomplet,
ou s'épuise en inutiles efforts.
La centralisation
parvient aisément, il est vrai, à soumettre les actions extérieures
de l'homme à une certaine uniformité qu'on finit par aimer
pour elle-même, indépendamment des choses auxquelles elle
s'applique; comme ces dévots qui adorent la statue oubliant la divinité
qu'elle représente. La centralisation réussit sans peine
à imprimer une allure régulière aux affaires courantes;
à régenter savamment les détails de la police sociale;
à réprimer les légers désordres et les petits
délits; à maintenir la société dans un statu
quo qui n'est proprement ni une décadence ni un progrès;
à entretenir dans le corps social une sorte de somnolence administrative
que les administrateurs ont coutume d'appeler le bon ordre et la tranquillité
publique. Elle excelle, en un mot, à empêcher, non à
faire. Lorsqu'il s'agit de remuer profondément la société,
ou de lui imprimer une marche rapide, sa force l'abandonne. Pour peu que
ses mesures aient besoin du concours des individus, on est tout surpris
alors de la faiblesse de cette immense machine; elle se trouve toute à
coup réduite à l'impuissance." (pp. 158-159)
- "Je
suis convaincu ... qu'il n'y a pas de nations plus exposées à
tomber sous le joug de la centralisation administrative que celles dont
l'état social est démocratique."
"La tendance permanente
de ces nations est de concentrer toute la puissance gouvernementale dans
les mains du seul pouvoir qui représente directement le peuple,
parce que, au-delà du peuple, on n'aperçoit plus que des
individus égaux confondus dans une masse commune." (pp. 164-165)
[1944] F. A. Hayek, The Road to Serfdom, Routledge & Kegan Paul, London, 1986
- "There would be no difficulty about efficient control and planning were conditions so simple that a single person or board could effectively survey all the relevant facts. It is only as the factors which have to be taken into account become so numerous that it is impossible to gain a synoptic view of them, that decentralisation becomes imperative. But once decentralisation is necessary, the problem of co-ordination arises, a co-ordination which leaves the separate agencies free to adjust their activities to the facts which only they can know, and yet brings about a mutual adjustment of their respective plans." (p. 36)
[1976] Jean-François Revel, La Tentation Totalitaire, Éditions Robert Laffont, Paris, 1976
- "Une contradiction fondamentale de notre époque est celle qui existe entre la division du monde en États-nations souverains et la nature des centres de décision et des méthodes de travail capable de résoudre éventuellement les problèmes qui se posent à l'humanité actuelle." (p. 319)
[1980] Alvin Toffler, The Third Wave, Pan Books, London, 1981
- "...
the issue is not 'either/or' in character. It is not decentralization versus
centralization in some absolute sense. The issue is rational reallocation
of decision-making in a system that has over-stressed centralization to
the point at which new information flows are swamping the central decision-makers."
(p. 442)
- "...
a great deal of economic policy making must be denationalized and decentralized."
(p. 443)
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